Mesures de sauvegarde sur les produits dérivés de tomates : l’ANMCC apporte des éclaircissements
DécisionFace aux réactions suscitées par la mesure de sauvegarde sur les produits dérivés de tomates, l’ANMCC précise les enjeux de cette décision. Depuis le 1er juillet 2026, certains produits dérivés de tomates importés sont soumis à un droit additionnel de 40 % de leur valeur CAF, pour une durée de quatre ans, conformément aux règles de l’OMC. Cette mesure répond aux difficultés rencontrées par les producteurs nationaux face à la pression des importations sur le marché local.
Des PMI et des producteurs malagasy concernés
Les premiers bénéficiaires ne sont pas de grands industriels, mais principalement des Petites et Moyennes Industries malagasy engagées dans la transformation locale de la tomate. Certaines entre elles disposent déjà de capacités de production, notamment dans le ketchup, mais elles restent fortement concurrencées par des produits importés à très bas prix. Un opérateur local affirme même que certaines boîtes de concentré importées seraient vendues à un prix inférieur au coût d’une boîte métallique vide importée destinée au conditionnement. Une situation qui pousse les producteurs à demander davantage d’investigations sur la nature, la composition de ces produits importés ainsi que leurs conditions de commercialisation.
Le véritable enjeu est de créer des débouchés. En effet, Madagascar importe chaque année environ 2 400 tonnes de produits dérivés de tomates, tandis que la production nationale de tomates fraîches reste autour de 40 000 tonnes par an. Même si ces chiffres ne sont pas directement comparables, leur enjeu est surtout de savoir quelle part du marché est actuellement occupée par ces produits transformés importés pourrait devenir un débouché pour la production locale.
Plus les entreprises malagasy investissent dans la transformation, plus elles dynamisent l’agriculture en achetant directement les matières premières aux producteurs locaux. Soutenir la transformation agroalimentaire, c’est donc soutenir l’agriculture nationale.
La tomate, produit hautement périssable, illustre bien ce défi : lors des périodes de forte production, les prix chutent brutalement et les pertes post-récolte s’accumulent, aggravées par le manque de capacités de stockage et de transformation.
Le développement de produits dérivés concentré, ketchup, sauces et autres préparations offrirait une solution durable pour mieux valoriser la production nationale, stabiliser les revenus des producteurs et réduire le gaspillage.
Les fruits locaux mangues, ananas, agrumes, litchis, bananes et bien d’autres représentent un potentiel considérable pour la transformation industrielle. Pourtant, ces productions restent fragilisées par la forte saisonnalité et les pertes post-récolte.
Dans cette logique, afin de soutenir la valorisation locale et réduire la dépendance aux importations, les jus, nectars et certaines boissons aromatisées aux fruits sont désormais soumis, depuis le 1er juillet 2026, à un droit additionnel de 32 % pour une durée de quatre ans.
Une protection temporaire pour devenir plus compétitif
La mesure de sauvegarde ne doit pas être perçue comme une finalité, mais comme une opportunité. Les quatre années prévues constituent une période stratégique pour permettre aux entreprises d’investir, d’améliorer leur productivité et de renforcer leurs capacités de transformation. L’objectif n’est pas uniquement de réduire les importations : il s’agit de donner aux produits transformés à Madagascar une place plus importante sur le marché national.
Chaque tomate ou fruit transformé localement devient un vecteur de développement : davantage de débouchés pour les producteurs agricoles, une activité renforcée pour les PMI locales, la création d’emplois et une valeur ajoutée nationale qui reste sur le territoire. La transformation agroalimentaire se positionne ainsi comme un levier essentiel pour stimuler l’agriculture, dynamiser l’industrie et soutenir la croissance économique du pays.
PRODUIRE MALAGASY. TRANSFORMER MALAGASY. CONSOMMER VITA MALAGASY.
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